Sainte-Pétronille :

pour une communauté florissante

Si le village de Sainte-Pétronille est le dernier-né de l’île d’Orléans, c’est pourtant sur son territoire que tout a débuté. Voyons les moments qui ont marqué ce lieu durant plus de trois siècles et demi, puis considérons les efforts déployés, non seulement pour en faire un endroit agréable à vivre dans le respect de son patrimoine, mais pour y développer une communauté florissante, une community in bloom…

Un site exceptionnel…

Semblable à la proue d’un navire amarré dans le Saint-Laurent, la pointe sud-ouest de l’île d’Orléans offre, avec la terrasse Dufferin et celle de Lévis, l’un des trois plus beaux points de vue sur Québec et ses environs. Agrémentée d’une suite d’anses qui découpent un relief accidenté, son plateau central est dominé par un grand boisé traditionnellement appelé la chênaie boréale.

… et un lieu marqué par I’histoire

Rappelons quelques étapes du développement de cette pointe traditionnellement appelée le bout de l’île :

– 1648 marque l’établissement de la toute première famille européenne de l’île d’Orléans : François de Chavigny de Berchereau, son épouse Éléonore de Grandmaison et leurs quatre premiers enfants.

– De 1651 à 1656, une portion de la pointe sert de refuge à quelques centaines de Hurons venus de la région de la baie Georgienne échapper aux massacres des Iroquois.

– En épousant, à l’été 1652, la jeune veuve Eléonore de Grandmaison, Jacques Gourdeau devient le nouveau seigneur de l’arrière-fief auquel il donne alors le nom de Beaulieu.

– 1759: le général Wolfe établit son campement militaire sur la pointe de l’île pour surveiller le Saint-Laurent. Bombardements répétés sur Québec, bref affrontement, destructions, victoire anglaise : c’est la fin de la Nouvelle-France.

– Au début des années 1820, l’Écossais Charles Wood implante à l’anse du Fort le deuxième plus important chantier de l’âge d’or de la construction navale à Québec : il en sortira les deux plus gros navires jusque-là construits au Canada.

– 1855 : l’érection sur le même site du premier quai de l’île d’Orléans ouvre la voie à la villégiature estivale qu¡ attire au bout de l’île la bourgeoisie de Québec, alors principalement anglophone. En témoignent aujourd’hui la chapelle anglicane St. Mary, le plus ancien golf d’Amérique du Nord, le domaine Porteous ainsi que la maison et l’atelier du peintre Horatio Walker.

– Enfin, la fondation en 1870 de la paroisse Sainte-Pétronille sera suivie, quatre ans plus tard, de la création civile de la municipalité du village de Beaulieu qui, depuis 1980, porte officiellement le nom de Sainte-Pétronille.

Un village à embellir

En 1993, conscients de vivre dans un cadre choyé par la nature et amoureux de leur village, quelques citoyens s’engagent à le rendre plus attrayant encore pour ses résidants et ses visiteurs.

– Créant un comité d’embellissement, ils s’emploient à stimuler chez leurs concitoyens le goût de fleurir leur propriété. Avec l’appui de la municipalité, ils amorcent l’aménagement des espaces publics : entrées du village et bloc institutionnelformé de la mairie, du centre communautaire et de l’église. Plantation d’arbres et d’arbustes, multiplication d’îlots fleuris bordés de pierres.

– L’anse aux Canots s’enrichit de plates-bandes colorées et de bancs, tandis que l’ancien quai, lieu de prédilection des promeneurs, devient un belvédère accueillant: rambarde revampée, ajout d’un élégant kiosque, installation de nouveaux bancs et multiplication de bacs à fleurs.

– Parallèlement aux aménagements municipaux, le Club de Golf Orléans enrichit son parcours de nouvelles haies et rocailles, rehaussant un site naturel qui offre sur Québec de belles échappées.

– À deux pas du golf, des bénévoles entreprennent de restaurer les jardins de l’ancien domaine de Charles E. Porteous, Les Groisardières, ce joyau de Sainte-Pétronille occupé aujourd’hui par le Foyer de Charité Notre-Dame-d’Orléans. En partenariat avec l’école d’horticulture Fierbourg, ils ambitionnent de redonner un peu d’éclat à ces espaces verts qu’une revue canadienne considérait, à l’époque, comme les plus beaux jardins à l’italienne de tout le pays.

La mise en valeur d’un site patrimonial

Pour assurer la préservation de son patrimoine, tant bâti que paysager, Sainte-Pétronille s’est depuis longtemps dotée de la réglementation la plus sévère de l’île d’Orléans. Son comité consultatif d’urbanisme y veille avec soin, aussi bien pour la coupe d’arbres que pour les demandes de permis de rénovation, d’agrandissement ou de construction nouvelle.

Parallèlement à l’aménagement des espaces publics, le Comité d’embellissement entreprend de valoriser l’histoire et le patrimoine bâti du bout de l’île.

– Bénéficiant d’une ouverture spectaculaire sur le Saint-Laurent, on soignera trois postes d’observation : le quai pour le va-et-vient des navires; l’anse aux Canots pour la vue sur le Cap Diamant, la pointe de Lévy et la baie de Beauport; la grève du nord pour la saisie visuelle des trois composantes géographiques du berceau de ‘Amérique française que sont Québec, la côte de Beaupré et l’île d’Orléans. Dans deux de ces espaces, une table d’orientation informera les promeneurs sur des points d’intérêt géographique et historique visibles depuis la pointe de l’île d’Orléans.

– En 2OO2 on crée le circuit d’interprétation A la découverte du bout de l’île: onze panneaux, échelonnés dans les rues du noyau villageois, présentent I’histoire locale et les caractéristiques de son patrimoine naturel, culturel et bâti. Une version anglaise sera disponible sur le site Web de la municipalité.

– Par ailleurs, le parvis de la mairie s’enrichit d’un monument en hommage à la pionnière Éléonore de Grandmaison, tandis qu’au carrefour de la rue du Quai une plaque commémorative rappelle le lancement du Columbus au célèbre chantier maritime de l’anse du Fort. À l’ancien embarcadère enfin, un habitacle dissimulant une source d’alimentation électrique fait revivre en photos, sous le titre Un quai en mémoire, les transformations successives et l’animation de ce secteur pendant plus d’un siècle.

Sainte-Pétronille, ça se marche!

La meilleure façon de découvrir et d’apprécier un lieu ne consiste-t-elle pas à le parcourir à pied, s’arrêtant ici et là pour mieux le savourer et s’en impréqner? Diverses initiatives vont y contribuer.

– Des panneaux de signalisation portant le slogan Sainte-Pétronille ça se marche! incitent les visiteurs à laisser leur véhicule aux parkings publics afin de mieux découvrir et apprécier les attraits de notre village.

– Au kiosque d’information touristique et dans les commerces du bout de l’île, on peut se procurer le dépliant bilingue Sainte-Pétronille ça se marche ! Une balade à pied dans le coeur du village. Outre un plan du parcours, il contient une liste des services disponibles en restauration, alimentation et hébergement, art, artisanat et activités culturelles, santé et plein-air.

– Sur la grève du nord, le second segment de la Promenade Horatio-Walker se transforme en circuit piétonnier : quelques bancs invitent à la contemplation d’un panorama couvrant cinquante kilomètres, tandis que le chemin rustique, ondulant entre l’escarpement boisé et le rivage, révèle un coin de nature encore intact.

Des activités de découverte et de convivialité

– Au fil des ans, des visites commentées, à l’intention des citoyens et des visiteurs, explorent le coeur de Sainte-Pétronille. Notons-en quelques themes : Le noyau primitif du village; Un grand siècle de villégiature bourgeoise; Présence et héritage de la communauté anglophone; L’ancien domaine Porteous, ses jardins et son manoir…

– Des anniversaires offrent des occasions de rassemblement. Ainsi, en 2014, le 140e anniversaire du village, avec sa Promenade artistique, ses concerts sur le quai et le lancement d’un ouvrage sur l’histoire du village. En 2017, la triple célébration des 150 ans de la chapelle anglicane St. Mary, avec hommage à la communauté anglophone pour son apport au patrimoine du bout de l’île…

– En cours d’année, divers rassemblements soulignent les saisons: pique-nique sous le pommiers en fleurs, défilé des petits à I’Halloween, illumination de I’arbre de Noël et fête des enfants, célébration de la neige par une panoplie d’activités pour tous…

– Outre la cérémonie bisannuelle d’accueil des nouveaux citoyens, soulignons l’annuelle soirée de reconnaissance envers les nombreux bénévoles et l’hommage réservé à des citoyens qui, par le passé, se sont particulièrement signalés par leur dévouement à la communauté.

Un milieu ouvert à la musique et aux arts

En dépit de sa taille modeste, diverses activités en ce domaine ont cours à Sainte-Pétronille.

– Ainsi, au centre communautaire qui loge la bibliothèque municipale, on dispense aux jeunes et aux adultes des cours de piano, de violon, de violoncelle, de saxophone alto, de flûte traversière et de guitare.

– Au chapitre des événements musicaux, il convient de rappeler les grands rassemblements du tournant des années 1970 au coeur du domaine champêtre du Mont-des-Roses. Par la suite, la Société des concerts de l’île d’Orléans fera entendre orchestres et chanteurs dans l’église de Sainte-Pétronille. Aujourd’hui, ce lieu à l’acoustique exceptionnelle accueille des concerts de musique vocale et sert de studio d’enregistrement. Mais surtout, depuis 1983, Musique de chambre à Sainte-Pétronille y présente une programmation estivale de qualité avec des artistes d’ici et de l’étranger.

– ll y a aussi d’occasionnelles prestations de musiciens qui, par les beaux jours d’été, se feront entendre au kiosque du quai. En somme, au fil des ans le bout de l’île est devenu une destination estivale appréciée des mélomanes.

– L’art aussi a pris racine dans la municipalité, notamment avec son Concours d’art public qui veut encourager les artistes de l’île d’Orléans et vient de tenir sa troisième édition bisannuelle. L’oeuvre primée cette fois vient compléter le réaménagement artistique du parvis de la mairie, sous le thème La mairie au coeur de la vie municipale.

Prochains chantiers pour de nouveaux défis

Au terme de vingt-cinq années consacrées à embellir ses espaces publics et notamment à rendre plus conviviale sa frange littorale, la Municipalité s’attaque maintenant à ses boisés. ll s’agit de mettre en valeur un trésor patrimonial en dormance : la forêt qui domine le plateau du bout de l’île.

– Sous l’égide de la municipalité et avec la collaboration d’équipes d’étudiants de I’Université Laval, ces dernières années des citoyens ont entrepris une réflexion sur des projets de mise en valeur de ces espaces naturels. On entend y aménager une voie de circulation piétonne sécuritaire, agrémentée de haltes à caractère écologique, pour relier les divers pôles habités du village à son noyau institutionnel. Du même coup, l’accès à ce patrimoine naturel presque inexploité ouvrira de nouvelles avenues et d’agréables pratiques au vieillissement actif.

– Un premier projet est présentement en voie de réalisation, par suite de l’acquisition par la municipalité du petit boisé qui reliera agréablement l’église au parc de loisirs et à la mairie. Pour son projet, la municipalité bénéficie de la contribution financière de la MADA, don’t elle est membre actif : cette dernière est l’organisme gouvernemental responsable de la politique de la famille et des aînés, qui a pour double objectif de faciliter l’intégration et le bien-être des jeunes familles, et d’encourager et stimuler le vieillissement actif d’une population qui ne rajeunit pas.

– L’aménagement, dans ce boisé, d’un sentier marqué de points d’arrêt et accessible aux gens à mobilité réduite, offrira une oasis de verdure et une zone de détente, première étape vers un futur circuit dans le grand boisé. Comme, par ailleurs, il donnera sur le parc de loisirs, familles et amis de tout âge seront incités à le parcourir pour profiter des installations de jeux divers, d’espaces à pique-nique, voire même pour participer à des activités culturelles. Ainsi le coeur institutionnel du village, aujourd’hui trop souvent désert, deviendra un lieu de rencontres conviviales et contribuera au resserrement du sentiment d’appartenance à une communauté épanouie.

On le voit, depuis un quart de siècle, Sainte-Pétronille déploie beaucoup d’énergie pour offrir à sa communauté un milieu accueillant et une qualité de vie à la hauteur des paysages au milieu desquels elle a fait son nid. Son désir de protéger un cadre aussi exceptionnel, mais aussi ses efforts soutenus pour mettre en valeur sa richesse patrimoniale, lui permettent de figurer fièrement parmi les membres fondateurs de l’Association des plus beaux villages du Québec et de se signaler en récoltant fleurs et fleurons.

http://ste-petronille.iledorleans.com

 

 

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